Chroniques littéraires·Les articles d'Alex

Le Vieil homme et la mer de Ernest Hemingway

Le vieil homme part tout seul, sur la mer, dans sa petite barque, à la recherche d’un grand poisson. Le grand poisson mord à son hameçon.
Pendant trois jours et deux nuits le vieux luttera contre lui. A la fin, au prix des efforts incroyables, il en viendra à bout. Le vieux installe sa voile et met le cap sur la terre. Au bout d’une heure, les requins arrivent et dévorent le grand poisson. Le vieux en tue autant qu’il peut, mais quand il rentre au port il ne reste du poisson que la tête et l’arête. C’est la condition même de l’homme qui est dépeinte ici; c’est l’histoire du courage humain, de l’énergie humaine, de l’amour des êtres; c’est le poème de la pêche au gros poisson, c’est la victoire du cœur sur le désespoir.

La chronique d'alex

Le_Vieil_Homme_et_la_MerJe ne connaissais Hemingway que de nom. Curieux d’en savoir plus sur lui puisque régulièrement cité et conseillé par des personnes que j’apprécie, j’ai décidé de le découvrir à travers ce livre. J’ai choisi le vieil homme et la mer car c’est bien évidemment son œuvre la plus connue mais aussi car son titre m’interpelle. Déjà, première surprise, j’imaginais un gros pavé, je me retrouve avec un roman très petit. A peine 150 pages ; on pourrait prendre cet écrit pour une nouvelle.

Le vieil homme et la mer est un roman paru en 1952 qui nous raconte le combat d’un vieux pécheur cubain, Santiago, avec un énorme espadon lorsqu’il partit pécher en haute mer. C’est aussi une histoire d’amitié et de respect entre ce vieil homme et un jeune pécheur nommé Manolin.

Ce qui m’a surtout marqué lors de la lecture de l’œuvre c’est que cette histoire est avant tout une chronique sur la vieillesse, la décrépitude et le déclin avant d’être un récit épique sur l’âpre combat mené par le vieil homme. Mais tout ceci avec beaucoup de bienveillance toujours. Je me suis senti comme nostalgique d’un certain temps qui passe et aussi senti coincé dans une sorte de douce fatalité d’une vie monotone qui s’écoule bien trop vite. Déjà, le héros est toujours appelé « le vieux » dans le livre et jamais par son prénom. Cela pour qu’on ne perde pas de vue sa condition fragile. On nous présente un homme qui n’a plus rien pêché depuis plus de 80 jours. Un vieillard résigné qui continue pourtant d’aller pêcher alors qu’il revient toujours bredouille. C’est un livre crépusculaire sur une vie qui s’éteint lentement ; une vie qui s ‘abandonne sur un océan inaltérable bien moins concerné par l’emprise du temps.

Dans cette solitude, réside tout de même une complicité entre le vieux et l’enfant. On sent beaucoup de tendresse entre ces deux personnages même si elle n’est que peu évoquée clairement dans le texte. Une sorte de reconnaissance de la part de Manolin qui a tout appris de la pêche auprès du vieux et qui le prend en charge le voyant si démuni. Une amitié entre deux âges bien éloignés qui témoigne là aussi de la course effrénée du temps qui finit inlassablement par rattraper tout homme ; aussi bon pêcheur fut-il. Leurs échanges sont discrets, respectueux mais très émouvants. Tout est fait dans l’histoire pour nous faire entrer dans une sorte de douce mélancolie.

Puis le vieux décide de retourner pêcher. En haute mer. Alors que le jeune lui promettait des poissons de sa propre pêche. C’est alors que débute l’affrontement entre le vieux et l’espadon. Un affrontement parfaitement retranscrit. On sent la détresse du vieil homme ainsi que sa douleur. On devine la puissance de l’animal et la difficulté de le pêcher. On est pris dans ce tumultueux combat qui se déroule sur plusieurs jours et l’on tourne les pages avec appétit et anxiété. Que va-t-il advenir du vieux ? Va-t-il finalement lâcher prise ou s’accrocher jusqu’au bout à cette dernière prise salutaire ? Durant toute cette épreuve, Hemingway nous fait partager les pensées du vieux. On y découvre son respect ainsi que sa crainte pour la mer qui fut sa seule compagne. Sa hargne de ne pas vouloir s’avouer vaincu et sa rage à l’idée de pouvoir briller une ultime fois en apportant à terre une si belle prise. Tout ceci contrastant avec sa tristesse de constater que son corps n’est plus ce qu’il était, sa peur de n’avoir mené qu’une vie en solitaire dénuée de sens face à l’ingratitude de sa compagne de toujours ; la mer. On découvre aussi que le vieillard se met à respecter son adversaire au fil du temps et finit même par presque le considérer comme un ami d’infortune. Et nous découvrons aussi que beaucoup de ses pensées sont tournées vers Manolin appelé à travers lui « le gamin » (toujours pour bien marquer leur écart générationnel).

Je ne vous dirai pas ce qu’il se passe durant le dernier acte au cas où vous souhaiteriez lire ce roman. Je me contenterai de dire que la conclusion de l’œuvre est plutôt cruelle mais à la fois douce-amère. D’une amertume qui nous reste dans l’âme une fois le livre refermé. D’une amertume qui nous fait songer que la lutte de l’homme face à la nature est peut-être bien vaine. On peut relativiser en se disant que l’homme est un être formidable qui malgré la cruauté de la nature, la fatalité du temps qui l’emporte ; est aussi un être combattif qui ne se laissera jamais abattre jusqu’au bout. Mû par une terrible volonté d’exister, l’homme ne s’avouera jamais vaincu.

En conclusion, le vieil homme et la mer est une œuvre profondément humaine. Un hymne à la nature, à l’homme luttant même au crépuscule de sa vie ainsi qu’au respect transmis à travers les générations. C’est un roman simple qui ne fait pas de fioritures. Je ne dirai pas après sa lecture que c’est effectivement un des plus grands romans de la littérature classique. Le contenu est certes agréable à lire mais je ne me suis pas senti transporté outre mesure. Je retiendrai que c’est une belle histoire qui brasse énormément de thèmes tendres et délicats auxquels nous sommes tous confrontés. Une histoire qui se lit vite et que je vous conseille d’entamer puisqu’au final le voyage de ce vieil homme est un voyage initiatique que nous finirons tous par vivre un jour.

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15 réflexions au sujet de « Le Vieil homme et la mer de Ernest Hemingway »

  1. Je ne pense pas que le bouquin décrive de trop, cela m’a toujours fatigué dans les livres et je n’ai pas ressenti cela dans le vieil homme et la mer. Le récit est assez dynamique…pour un roman datant d’il y a plus de 50 ans. En gros, ce n’est pas aussi dynamique que nos romans actuels mais pas lent comme certains romans classiques qu’on nous inflige au lycée.

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  2. Je ne con’ais cet auteur classique que de nom. Mais du coup, j’apprends par la même occasion que ce livre est court… Je pourrais le lire ne serait-ce que pour ajouter un classique à mon « tableau de lecture ».^^ J’ai toujours un peu peur de me lancer dans les classiques mais certains ont très bien vieilli !

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    1. Oui, il est très très court. Ce qui m’a énormément étonné. Moi je ne cherche pas à spécialement lire de classiques, mais celui ci m’intriguait. Bonne lecture 🙂

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    1. Je suis honoré qu’un professeur de français me lise et apprécie mon article en plus. Merci. Et je l’ai effectivement trouvé plus appréciable que toutes les lectures insipides que me donnaient ma prof de français au collège ainsi qu’au lycée.

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  3. C’est drôle car je l’ai lu il y a quelques jours et je tombe sur cet article. J’étais pressée de connaître l’avis de quelqu’un d’autre car pour ma part je n’aipas autant aimé que je l’aurais souhaité. Tout était réuni pour que je l’aime pourtant : j’adore les histoires maritimes, l’amitié entre le vieux monsieur et le petit garçon, l’ambiance du port et du village étaient très bien exposées, je m’y croyais ! Mais le moment où le vieil homme est concrètement seul avec la mer m’a déçue. J’ai adoré les parallèles faits avec l’espadon, la décrépitude progressive.. Mais j’ai trouvé cela tellement mal amené. Du coup je suis très perplexe car j’ai adoré le début, mais ensuite j’ai détesté. Je pense qu’une nouvelle lecture de ce livre pourrait faire pencher mon opinion d’un côté ou de l’autre.

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    1. C’est aussi le seul livre d’Hemingway que j’ai lu mais je ne pense pas en lire d’autres. J’ai apprécié la lecture de ce roman mais pas au point de vouloir m’intéresser plus au travail de l’auteur je pense.

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