Films·La Trilogie du Samedi

LA TRILOGIE DU SAMEDI-EPISODE11

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DENIS VILLENEUVE

Il est de ces réalisateurs qui dès leurs premiers films l’on peut ressentir le potentiel d’un futur grand du cinéma. De ces hommes pour qui le tout puissant Hollywood serait prêt à écarter les cuisses sans vergogne sachant que le succès commercial s’accompagnerait du succès critique si important pour sa légitimité de machine infernale qui dépense sans compter(dixit ce cher Hammond de Jurassic Park).

Denis Villeneuve est un de ces hommes. Confirmant film après film sa maîtrise et son talent, Hollywood a fini par dire oui à tous ses désidératas au point de lui proposer la lourde tâche de réaliser la suite du cultissime mais néanmoins casse-gueule Blade Runner (cela dit en passant, lisez « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?» de K. Dick, l’oeuvre littéraire originale. Un chef d’oeuvre. Mais j’y reviendrai un jour.).

Un homme qui s’est créé une aura de maestro de la caméra après quelques films. J’en ai sélectionné trois pour vous (les 3 seuls que j’ai vu je dois l’avouer…). Mais ces 3 seuls m’ont conforté sur tout le bien qu’on disait du bonhomme au nom encore obscur pour le néophyte mais qui sonnera vite aux oreilles de tout le monde comme un Spielberg ou un Ridley Scott.

PRISONERS

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Un excellent thriller avec Hugh Jackman (vous avez dit Wolverine?) et Jake Gyllenhaal (vous avez dit à tes souhaits?).

Ce film injustement méconnu parle de la disparition de deux jeunes fillettes, vraisemblablement kidnappées. L’inspecteur Loki (le beau Gyllenhaal) appréhende vite le suspect numéro un mais le relâche rapidement faute de preuves. Le père d’une des fillettes campé par un Jackman qui nous démontre qu’il est un grand grand grand (j’ai dit grand?) acteur qui sait jouer autre chose que les super héros bad-ass en papier mâché; fou de rage s’engage dans un jeu de pistes désespéré afin de retrouver son enfant; quitte à aller bien trop loin…

Ce film est magistral! Dans sa mise en scène, ses cadrages, ses acteurs tous très investis et habités par leurs personnages et la malignité de son scénario.

D’après le titre, on pourrait aisément penser que les prisonniers en question sont les fillettes disparues. Il n’en est rien. Le film va plus loin dans le concept de prisonnier. Prisonnier de ses addictions, de sa folie, de ses névroses, de sa détresse, des à priori sur sa personne…ce concept est distillé et présenté sous diverses formes possibles.

Le film est sombre, cruel et parfois dur à regarder. Tortures et violences morales sont légion. Mais il capte néanmoins le téléspectateur qui se questionnera tout le long du métrage sur le pourquoi du comment. Qui est le coupable? Les petites sont elles toujours vivantes? De twist en twist, on est baladé dans ce thriller étouffant et dense.

Des acteurs au diapason, un réalisateur touché par la grâce, une ambiance noire parfaite pour le genre; ce film est une vraie réussite. Ma première rencontre avec le sieur Villeneuve et déjà une claque.

ENEMY

Dire que ce film est un ovni difficile à appréhender serait un euphémisme. Toujours avec le beau gosse Jake Gyllenhaal (décidément son acteur fétiche; et à noter aussi que ce film ultra petit budget et ultra minimaliste a été tourné quasi en même temps que Prisoners) ce film est plus une oeuvre mystique et/ou métaphysique digne d’une film de David Lynch.

Si à la fin vous n’y comprenez rien, c’est normal!

Jake qui y joue un professeur menant une vie terne et ennuyeuse tombe un jour sur son sosie parfait dans un film. Interloqué, il cherche à le contacter et lorsqu’il y arrive…ben tout part en sucette.

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On ne sait jamais si ce que l’on voit est la réalité, un rêve, un fantasme…Une ambiance onirique se dégage de ce long métrage nappé de ce filtre jaune (Villeneuve aime beaucoup jaunir les images de ces films, je ne sais pas trop pourquoi) qui évoque une brume crépusculaire tout du long. Très peu de dialogues pour un film très lent mais malgré tout envoutant. On nage en plein onirisme et la scène finale très « what the fuck » vous laissera soit songeur soit dans une détestation profonde de ce film vécu comme une grosse arnaque. Plusieurs pistes de lecture sont possibles pour ce film et si l’on prend la peine de bien y réfléchir et de tout relier, cela a un sens. Une réflexion sur nos vies que l’on fantasme et les freins que l’on se met ou que l’on croit comme tels pour la réalisation de nos ambitions.

Le film s’ouvre sur une scène très sexuelle et sectaire matinée de grosses araignées…Scène qui n’aura jamais vraiment de réelle explication au visionnage. Si ce n’est un indice durant les deux dernières secondes du film.

Une contemplation onirique de presque deux heures qui ne laisse pas de marbre.

Encore une pluie d’éloges et de récompenses pour le sieur Villeneuve après cette réalisation. Et pour ma part, encore un choc visuel qui m’a bien retourné le cerveau.

SICARIO

Le premier blockbuster à budget assez conséquent pour le monsieur qui a déjà bien plus fait parler de lui. Avec un casting flamboyant; Emily Blunt (qui s’est enlaidie pour le rôle mais qui reste toujours fascinante), Benicio Del Toro (très convaincant en personnage trouble hanté par son passé) et Josh Brolin (égal à lui-même) pour un film sur les cartels de la drogue et sur les tensions à la frontière américano-mexicaine.

Ici, encore beaucoup de violence et d’images cruelles. La frontière mexicaine y est présentée comme une zone de non-droit, une zone à haut risque où la drogue fait la loi.

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Dans ce film sombre et étouffant, une femme forte mais torturée incarnée par une Emily Blunt toujours bad-ass et guerrière (dans la droite lignée de son personnage de soldate dans Edge of Tomorrow, zieutez le aussi, il est très frais et inventif!) se retrouve embarquée dans une extradition d’un baron de la drogue du Mexique jusqu’au USA. Tout cela clandestinement évidemment sinon ce n’est pas drôle. Dans ce milieu où les bons ne sont pas forcément si bons, ce milieu ou tout est trouble; elle va devoir remettre beaucoup de choses en questions. Et s’interroger sur sa propre morale ainsi que sur la morale du système luttant contre la drogue. Rien n’est tout blanc ou tout noir en ce monde. Et elle va l’apprendre durement. Encore un film choc très bien filmé qui n’épargnera pas le spectateur. Une plongée viscérale (presque un documentaire, Villeneuve étant allé jusqu’à s’immerger dans cette zone considérée comme un No Man’s Land pour le bien de son film) dans un monde qui n’épargne rien ni personne. La loi du plus fort autour du dieu Drogue qui fait tourner tout le système capitaliste nord américain.

Une réussite et une reconnaissance mondiale. Bravo monsieur Villeneuve.


J’espère vous avoir donné envie de voir au moins un de ces trois films après cette trilogie et si ce n’est pas le cas je suis prêt à parier que vous finirez par voir une de ses futures réalisations tant il me semble que l’avenir est prometteur pour ce talentueux bonhomme.

En plus d’avoir la lourde et plombante responsabilité de faire la suite de Blade Runner (croisons les doigts pour que le film soit au moins un bon film de SF); il faut savoir qu’avant ce film, sortira en décembre chez nous son premier film de SF :Premier Contact. Dont la bande annonce promet un film différent, novateur et déjà superbement bien filmé. Je vous joins la bande annonce du film pour que vous puissiez y voir la patte Villeneuve 😉

A bientôt les amis.

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6 réflexions au sujet de « LA TRILOGIE DU SAMEDI-EPISODE11 »

  1. Merci pour cet article passionnant. J’aime aussi beau ses films. Même si j’avoue que je vais moins au cinéma depuis que j’habite en Bourgogne car les cinémas sont minables et tellement pourris qu’il est hors de question de dépenser un euro. Ça me manque !

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