La Trilogie du Samedi

Trilogie Du Samedi : Épisode 16

les films de  Gustave Kervern et Benoit Delépine.

Nos deux trublions dont les noms peuvent peut-être vous sembler inconnus sont en fait depuis des années et des années derrière les sketchs de l’émission satirique «GROLAND ». Emission dont je suis très friand bien évidemment connaissant mon humour féroce et irrévérencieux.

Mais je vais plutôt vous parler de trois de leurs films puisqu’effectivement l’inséparable duo a décidé il y a quelques années de cela, de se lancer dans la réalisation. Après des films plutôt confidentiels, ils ont eu la reconnaissance publique (en plus de celle critique qu’ils avaient depuis leur première réalisation) avec le film Mammuth. Depuis, chacun de leur film satisfait autant le public que le milieu professionnel.

Je vais m’attarder sur trois d’entre eux, les plus connus on va dire, même si je vous encourage très fortement à regarder Near death Experience ou Louise Michel ou encore Yaltra. En espérant que cela vous donne envie de vous plonger dans leur univers 🙂

MAMMUTH

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Film incarnant la consécration pour le duo de réalisateurs puisque nommé aux césars et énorme succès public. Avec Depardieu (un inséparable ami et complice du duo comme de nombreux acteurs atypiques  tels que Poelvoorde, Yolande Moreau, Bouli Lanners ou encore Houellebecq…) en tout jeune retraité qui doit retrouver plusieurs fiches de paye de ses anciens employeurs afin de pouvoir toucher la dite retraite.

Avec cet objectif en ligne de mire, le film part pour un road trip à bord d’une vieille mobylette (la fameuse Mammuth) à travers la France et surtout à travers le passé du personnage de Serge (Depardieu quoi). Je vais être clair, le film est une réussite totale. Férocement drôle, évidemment, cet objet cinématographique est aussi emprunt de poésie ainsi que d’une douce nostalgie.

On revisite le passé du personnage central avec affection, tendresse et aussi amertume. Un gentil témoignage du temps qui passe, du temps qui nous fuit…Le film se veut aussi limite effrayant parfois à travers les multiples apparitions dérangeantes d’ Adjani qui évoquent une cicatrice non refermée de la vie de Serge.

C’est beau et triste à la fois. Une douce comptine sur l’existence qui défile trop vite.

Mais n’oublions pas que c’est avant tout une comédie et les personnages secondaires sont tous incroyablement barrés et drôles. Les situations, plus invraisemblables les unes que les autres forcent l’apparition obligatoire de zygomatiques. C’est absurde! Mais c’est bon!

Le film a cette touche d’authenticité qui est une des marque de fabrique du tandem derrière la réalisation. On aborde une France peu montrée au cinéma, une France des petites gens. Mais attention, ils ne sont pas moqués comme dans toutes les comédies balourdes françaises, avec une vision très « parisianiste » des gens du « bas peuple »  (regardez Les Tuche où je ne sais quelle autre merde du même acabit pour comprendre mon propos) mais ils sont regardés avec un oeil très compréhensif et empli de douce bonté.

Un film qui se regarde avec plaisir pour son humour irrévérencieux, graveleux mais aussi cynique ainsi que pour la tendresse qu’il pose sur ses personnages abimés par la vie.

LE GRAND SOIR

Ce coup ci, ce sont Poelvoorde et Dupontel qui sont aux commandes de cette comédie. Un duo de comédiens talentueux à la verve sans concession et à l’humour ô combien provocateur. Cela annonce forcément du lourd. Et quand on voit qu’ils y interprètent des frères; l’un, punk pur et dur (Poelvoorde) vivant dans la rue et faisant la manche et l’autre, complètement bouffé par le système (Dupontel donc) , vendant des matelas pour une grande enseigne dans une vie triste et terne…On sent que cela va être délicieusement irrévérencieux.

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Et c’est le cas! En plus des personnages secondaires toujours très réussis et toujours plus barjos (Brigitte Fontaine, excellente et allumée dans le rôle de leur mère, Bouli Lanners toujours et Depardieu, fidèle au poste, hilarant pour une courte scène en médium lisant l’avenir au fond des verres de saké…) nous avons affaire à un film qui à travers l’humour critique férocement le système mis en place ainsi que le mode de vie des sociétés occidentales. Ce film nous montre avec intelligence que tout va de travers et que cela n’est pas parti pour s’améliorer.

Derrière un humour toujours aussi bon enfant et féroce; il s’agit d’une critique pertinente et d’une fable sociale que nous avons là. Toujours, les petites gens nous sont présentées avec douceur et compassion. Toujours, derrière les rires, il y a des messages plus forts et plus graves qui suscitent l’émotion. Poelvoorde y est d’ailleurs impérial lorsqu’il laisse s’exprimer son mal-être.

Encore un très bon film, dans la droite lignée de ce que les réalisateurs savent faire le mieux.

SAINT-AMOUR

Dernier film de cette trilogie, je vous invite à aller voir ma critique du film sur ce blog même.

Pour résumer et ne pas me répéter par rapport à la critique; je dirais qu’ici nous avons à nouveau un concentré de ce que le duo si cher à mon coeur de fan de cinéma sait faire.

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Un humour pertinent mis en avant par des situations absurdes et des personnages hallucinés. Des acteurs secondaires parfaits et atypiques. Des acteurs principaux aussi drôles que touchants (Poelvoorde, Depardieu et un petit nouveau dans la troupe Vincent Lacoste).

Un road trip à travers la France profonde qui nous fait nous émouvoir et nous émerveiller.

Une leçon de vie sur les oubliés, les délaissés du système; en bref, encore un film social au message pertinent.

Un mix parfait de la recette de Kervern et Delépine. Une recette réussie bien loin d’être indigeste.


J’espère qu’à travers ces rapides résumés de leurs trois fins les plus connus, vous aurez envie de pousser plus loin la découverte de leur univers. Pour ma part, je sais que j’attends chacun de leur nouveau film avec envie et impatience.

Ces mecs font du bien au cinéma et prouvent qu’en France, l’on ne fait pas que des comédies beaufs, vues et revues, et se basant seulement sur une fanbase importante de l’acteur principal pour faire du chiffre (oui, je vise Gad Elmaleh, Dubosc, Kev Adams et je ne sais quel autre tâcheron qui a appris à jouer devant des sitcoms de Jean-François Porry…).

A la semaine prochaine les amis!

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10 réflexions au sujet de « Trilogie Du Samedi : Épisode 16 »

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